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Goodbye OpenCollective, HelloAsso !

· 4 minutes de lecture
ornanovitch
co-fondateur de la FELINN

Chez la FELINN, on utilise OpenCollective pour gérer une partie de nos dons et cotisations. Mais face à plusieurs lourdeurs et limites que nous pose cette plateforme, nous nous sommes longtemps posés la question de trouver une nouvelle solution. Nous avons enfin tranché, et il nous semblait intéressant de revenir sur les ressorts de cette décision.

Lorsqu'une association soucieuse des enjeux de protection de la vie privée, de la décentralisation du net et des sources ouvertes s'engouffre dans le monde des plateformes de financement participatif (crowdfunding en anglais), les options intéressantes ne courent pas les rues. Qu'il s'agisse d'une levée de fonds ponctuelle ou de gérer l'ensemble de ses dons et cotisations, ce genre de recherche aboutit rapidement sur les mêmes trois grands candidats autour de la table : OpenCollective, Liberapay et HelloAsso.

Les deux premières ont l'immense avantage d'être gérées par des associations à but non-lucratif ET d'être en sources ouvertes : n'importe qui peut aller regarder le code de la plateforme Liberapay et constater (a priori, je ne l'ai pas fait moi-même) que ses développeureuses ne détournent pas notre argent ou nos données personnelles au détour d'une obscure requête.

C'est super, mais c'est trompeur. Alors que l'utilisateurice qui vient soutenir une association via l'une de ces plateformes pourrait facilement croire que son don ou sa cotisation sera dès lors entièrement gérée par une plateforme éthique, celui-ci passe en fait par un processeur de paiement1 loin d'être un parangon de vertu.

Sur OpenCollective, tout paiement passe par Stripe, tandis qu'avec Liberapay, les associations ont le choix entre Stripe et Paypal. Pas besoin de s'étendre sur le caractère technofasciste du fondateur (et désormais vendeur de surveillance et de répression de masse2) de Paypal pour lui dire non merci. Du côté de Stripe, les sujets ne manquent pas non plus :

  • l'entreprise est basée aux US, de même que la plupart de ses serveurs3
  • Stripe contrôle déjà 20 % du marché des paiements en ligne et pourrait rapidement en contrôler plus de la moitié car elle projette de racheter... Paypal. N'en jetez plus.

De son côté, HelloAsso n'est pas une association à but non-lucratif mais elle a tout de même le bon goût d'être agréée entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS)4. En revanche, elle ne semble pas avoir compris tous les avantages de l'open source, seuls des outils annexes étant publiés sur son espace Github.

Bon, HelloAsso n'est donc pas la plateforme parfaite, et cela sans surprise, tout l'objet de cet article étant de montrer que cela n'existe pas. Mais il faut tout de même lui reconnaître de n'avoir jusqu'ici (c'est-à-dire depuis une quinzaine d'années) jamais failli à sa mission d'aider les associations, petites et grandes, à récolter des sous facilement et gratuitement, ce qui n'est vraiment pas rien dans le contexte de crise structurelle qu'on connaît5. Par ailleurs, depuis 2023, HelloAsso est un établissement de paiement agréé6 entièrement autonome. L'entreprise ne dépend plus d'aucun processeur de paiement externe, pas même d'une banque française, pour traiter les paiements effectués avec son aide.

Basée en France, respectueuse du RGPD, traitant nos transactions bancaires de manière autonome... après réflexion, il nous a donc semblé que HelloAsso pouvait tout à fait devenir la nouvelle plateforme de paiement de la FELINN en remplacement de OpenCollective. La transition commence, on espère ne pas avoir de raison d'en revenir !

Notes

  1. Vous connaissez Palantir ?

  2. Ce sont encore les processeurs de paiement eux-mêmes qui en parlent le mieux.

  3. Pourquoi c'est problématique en soi.

  4. et contrairement à beaucoup de labels, celui-ci ne se trouve pas dans une pochette surprise.

  5. voir cet article du monde ou cette tribune du Mouvement Associatif.

  6. tous les détails ici